Communiqués | Liban
Dans un entretien
télévisé à la chaîne syrienne Al-Dounia le 9 février 2012,
l’ex-député Nasser Kandil a menacé plusieurs journalistes de manière implicite.
Kandil a mentionné les noms de la présentatrice de la chaîne Al-Arabiya,
Najwa Kassem et du journaliste de la chaîne Al-Jazeera, Hassan
Jammoul, affirmant: « Il faut qu’ils sachent qu’ils ne pourront plus
visiter leur pays ». Il a par ailleurs adressé la question suivante à Kassem:
« Comment veux-tu retourner à Beyrouth ? ». Kandil a également
appelé à la mise en place d’un « tribunal des crimes médiatiques »,
considérant qu’il existe « des tueurs à gages parmi les journalistes, qui
devraient assumer la responsabilité du bain de sang en Syrie ». Dans un entretien
au Centre SKeyes, Najwa Kassem a déclaré: « Les propos tenus par
Kandil pourraient être analysés de diverses façons et soulèvent de
nombreux doutes quant à ma sécurité personnelle. Même s’il n’avait pas
l’intention de me menacer, il a eu recours à des paroles qui pourraient me
coûter cher. De toute manière, l’opinion publique est très remontée au Liban et
les chaînes télévisées, dont Al-Dounia, publient depuis plus
de 11 mois des rapports injurieux et diffamatoires à mon égard mais je ne n’y
m’attarderai pas. Cependant, cet homme politique libanais m’a menacée en direct
sur une chaîne syrienne qui a de nombreux partisans. Ses propos sont
provocateurs et des personnes pourraient donc s’en prendre à moi. Je fais
porter à Kandil la responsabilité de ma sécurité et de celle de ma famille au
Liban ». Le Centre SKeyes
pour la liberté de la presse et de la culture condamne fermement les menaces
proférées à l’encontre des journalistes en général, et les propos tenus par
l’ex-député Nasser Kandil en particulier. Par ailleurs, SKeyes appelle les
autorités judiciaires à considérer ces tentatives d’intimidation en direct comme
une information au Parquet, afin qu’il prenne sans tarder les mesures
nécessaires avant même que les journalistes menacés ne mènent une action en
justice. Le Centre rappelle à toutes les parties concernées la nécessité de
respecter le principe de liberté d’expression et de la libre circulation de
l’information. |







