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À Beyrouth, les parents d’Austin Tice, détenu en Syrie, disent espérer beaucoup de Washington
December 11, 2018
Auteur: Caroline Hayek
Source: L'Orient-Le Jour

« C’est notre huitième fois à Beyrouth, et nous espérons que ce sera la bonne », ont confié hier Debra et Marc Tice, lors d’une conférence de presse organisée par le centre SKeyes (Fondation Samir Kassir). Six années se sont écoulées depuis que leur fils, Austin, un journaliste américain, a disparu en Syrie sans qu’ils ne parviennent à obtenir la moindre nouvelle. En attente de visa syrien, Debra et Marc Tice continuent de remuer ciel et terre pour obtenir la libération de leur fils. Et ils semblent aujourd’hui tout près du but. « Il y a désormais un consensus parmi les gens qui œuvrent pour la libération d’Austin, au sein du gouvernement américain, qu’il est vivant », déclare Marc Tice aux questions des journalistes présents. Le 13 novembre dernier, l’envoyé spécial du président américain pour le dossier des otages, Robert O’Brien, a affirmé publiquement que Washington estime qu’Austin est en vie et qu’il est toujours détenu en Syrie. Le photo-reporter indépendant s’était rendu en Syrie en mai 2012 pour couvrir le soulèvement contre Bachar el-Assad pour McClatchy News, le Washington Post, CBS, l’AFP et d’autres médias, avant de disparaître des radars le 14 août, soit trois jours après son 31e anniversaire. Parti en taxi de Daraya, ville phare de la révolution syrienne située au sud de Damas, Austin Tice aurait été enlevé à un barrage de contrôle non loin de la capitale, alors qu’il était en route pour Beyrouth. « Il s’agissait d’une zone contestée en 2012, donc nous avons un tas d’hypothèses possibles sur qui tenait ce barrage », poursuit Marc Tice.

Une seule et unique preuve de vie a été postée sur YouTube en septembre 2012, à travers une vidéo où Austin Tice apparaît ligoté et les yeux bandés, balbutiant une prière en arabe, avant de s’écrier, à bout de souffle : « Oh, Jésus. » Autour de lui, des hommes armés qui pourraient s’apparenter à des extrémistes islamistes, revêtus de tenues traditionnellement portées par les talibans. Un simulacre, s’étaient à l’époque accordés à dire de nombreux experts, mais l’identité des ravisseurs, groupes radicaux, autorités syriennes, chabbiha ou autres, reste inconnue à ce jour, du moins officiellement.