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Et si Samir Kassir était toujours vivant ?
May 21, 2018
Source: Agenda Culturel

Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons besoin de Samir Kassir, de ses prises de positions, de ses articles poignants, de ses éclairages et de sa clairvoyance. A l’heure de la nouvelle ère politique qui se dessine, son âme palpite dans le festival du printemps de Beyrouth du 17 mai au 7 juin, dédié aux 70 ans de la Nakba Palestinienne. Rencontre avec Giselle Khoury, la fondatrice du festival.

En quoi se distingue l’édition 2018 des précédentes ?
Cette dixième édition du festival marque les 70 ans de la Nakba Palestinienne. Une exposition de photographies conçues par 20 artistes palestiniens et qui dure un mois autour du bassin d’eau de la place Samir Kassir, inaugure le festival. Pour les évènements, les artistes participants sont : Loutfi Bouchnak dont la collaboration est un prestige, Okash Odera dont la chorégraphie est magique et le théâtre arménien qui clôture le festival. 

Vous présentez dans cette édition une exposition dédiée à la Palestine, une cause à laquelle Samir Kassir était engagé depuis le début de son parcours. Que signifie la présence de cette exposition au cœur de Beyrouth ?
La Palestine a toujours été présente à Beyrouth, capitale arabe par excellence. 

Dans le cadre de la cause palestinienne, un concert de Tamer Abou Ghazaleh a lieu. Est-ce que Samir Kassir a été mélomane ? Si oui, quelle a été son œuvre musicale préférée ?
Samir écoutait beaucoup les chansons à texte comme Brassens, Leo Ferré, Leonard Cohen. Oum Koulthoum le faisait rêver, d'ailleurs c'est lui qui m'a initié à ses chansons.
Nos soirées autour du jazz étaient fréquentes. Enfin, il aimait tout ce qui touchait à la beauté.

Comment parvenez-vous à faire perpétuer l’âme de Samir Kassir, ses aspirations et son projet à travers ce festival depuis son assassinat en 2005 ? 
Samir restera l'intellectuel de son époque avec tout ce que ceci comporte comme pensée libre et ouverture vers l'art. Le festival est une résistance culturelle et intellectuelle contre le crime, la violence et la laideur. C'est ainsi que nous commémorons Samir.

Si Samir Kassir était aujourd’hui parmi nous, que dirait-il aux Libanais, aux députés récemment élus ? 
Je pense qu'il aurait appelé à descendre dans la rue pour refuser cette loi électorale hybride.
Ensuite, il aurait présenté 128 candidats politiques, honnêtes, compétents et œuvrant pour un état de droit dans une nouvelle entité politique.

>> Consultez le programme du festival en cliquant ici