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Violations des libertés médiatiques et culturelles au Proche-Orient-Février 2018
March 20, 2018

Trois citoyens journalistes syriens ont été tués en Syrie au mois de février 2018 et trois autres ont été blessés dans les provinces de Damas et d’Idlib. Les forces israéliennes ont, quant à elles, poursuivi leurs violations contre les journalistes et les reporters palestiniennes en Cisjordanie : six d’entre eux ont été blessés, onze arrêtés et trois autres battus. Dans les Territoires de 1948, la police israélienne a détenu et agressé un journaliste et la sécurité du Hamas a procédé à l’arrestation de deux journalistes dans la Bande de Gaza. Au Liban, un journaliste a été poignardé, alors que les convocations et les plaintes se sont multipliées ; en Jordanie, nombre de restrictions ont été imposées aux journalistes. 

Ci-dessous un compte-rendu détaillé des violations rapportées par le Centre SKeyes dans chacun des quatre pays concernés :

Au Liban, convocations, interrogatoires et plaintes déposées contre les journalistes ont pris encore plus d’ampleur en février. Mais la violation la plus dangereuse est sans doute l’entrée par effraction dans le domicile du journaliste Rabih Damaj ; celui-ci a été roué de coups et poignardé à plusieurs reprises (le 05/02).

D’autre part, le général Jamil Sayyed a menacé de poursuivre en justice la journaliste May Chidiac au cas où elle ne supprimait pas un commentaire relayé de la journaliste Diana Moukalled sur Twitter (21/02). Il a également ouvert une polémique avec la journaliste Jessica Azar, la mettant en demeure de supprimer le même tweet (le 22/02). De plus, le premier juge d’instruction du Mont-Liban a interrogé le journaliste Marcel Ghanem et le directeur de l’information de la chaîne LBCI, Jean Feghali en attendant la mise en accusation (le 16/02). Par ailleurs, la journaliste Manal Chaaya a été appelée à comparaître devant le tribunal des imprimés le 1er mars prochain dans la plainte déposée contre elle et le quotidien An-Nahar par le député Nicolas Fattouche pour calomnie et diffamation (le 20/02). Le même tribunal a également condamné le journaliste Toni Abi Najm à payer une amende d’un million de livres libanaises dans la plainte déposée contre lui par Fattouche et son frère (le 28/02).

En Syrie, trois citoyens journalistes ont été tués : Fouad Al-Hussein par un raid russe dans la province d’Idlib (le 06/02), Abdelrahman Yassine lors du bombardement de la Ghouta orientale dans la province de Damas par les avions du régime syrien (le 20/02) et Khaled Jamal Hamou dans les mêmes conditions (le 18/02). Trois citoyens journalistes ont par ailleurs été blessés : Mohammad Abdelrahman (le 07/02) et Maher Abdul-Aziz (le 19/02) suite au bombardement des forces du régime et Walid Al-Rached lors du bombardement de l’aviation syrienne et russe dans la province d’Idlib (le 07/02).

En Jordanie, des agents de sécurité de la Chambre des députés ont empêché le photographe Fares Khalifa de couvrir une séance parlementaire sur décision officielle (le 04/02). De même, la Commission des médias a interdit le livre de l’écrivaine Kafa Al-Zoubi « Chams Bayda’ Barida » (Un soleil blanc et froid) sans donner de raisons (le 10/02), alors que l’ambassade d’Irak en Jordanie a empêché les journalistes jordaniens de couvrir une rencontre à laquelle ils avaient été conviés quelques jours auparavant (le 19/02). De plus, la Chambre des députés a rendu une décision visant à restreindre le travail des reporters et des photographes à l’intérieur du Parlement et qui consiste à les empêcher d’y être présents ou même dans les salles environnantes, sauf à des horaires bien précis (le 11/02).

D’autre part, le quotidien Al-Anbat a licencié quatre journalistes en leur donnant uniquement un mois de préavis avant de revenir sur sa décision une semaine plus tard (le 04/02) et la Jordan Radio and Television Corporation a pris des mesures contre le présentateur Salah Al-Ajlouni pour une erreur commise en direct (le 19/02). De plus, les employés du quotidien Al-Ra’i ont manifesté et se sont mis en grève, exigeant le paiement des arriérés de salaires (le 21/02).

Dans la Bande de Gaza, les services de sécurité du mouvement Hamas ont procédé à l’arrestation du membre du conseil d’administration du Rassemblement démocratique des médias, le journaliste Hamza Hammad (le 11/02) et du photojournaliste indépendant Ihab Fasfous après les avoir convoqués (le 25/02). Ils ont également soumis le rédacteur en chef de l’agence de presse An-nahar, Hani Al-Agha, à un interrogatoire suite à des publications Facebook dans lesquelles il critique le mouvement Hamas (le 14/02) et le Bureau de l’Information du gouvernement a empêché les responsables de la chaîne Taif d’organiser une cérémonie d’inauguration sous prétexte qu’ils n’ont pas reçu les permis nécessaires (le 18/02). Par ailleurs, les fans et la direction du Club As-Sadaka ont mené une campagne d’intimidation contre le journaliste sportif Mohammad Nour et la chaîne Baladna (le 27/02), alors que la direction de Facebook a décidé de fermer la page d’information palestinienne Koul al hakika lil Jamahir (Toute la vérité au public) suite à la diffusion de photos et de vidéos allant à l’encontre des normes du site (le 28/02).

En Cisjordanie, les forces israéliennes ont poursuivi leurs agressions contre les journalistes et photographes palestiniens : les photographes Najib Al-Razem et Mounzer Al-Khatib ont été atteints par balles (le 09/02). Ce dernier a également été aspergé de gaz lacrymogène et roué de coups (le 15/02). De plus, le photographe Ramez Aouad a été atteint d’une grenade sonore (le 16/02) et le photographe Adel Abou Nehmé d’une balle en caoutchouc (le 23/02), alors que les journalistes Raëd Al-Charif (le 17/02) et Dia’ Houchiyé (le 15/02) ont été atteints de grenades lacrymogènes ; Houchiyé a également été agressé et blessé par grenade sonore (le 16/02) lors de la couverture des affrontements entre les forces israéliennes et les jeunes Palestiniens au cours de manifestations. Par ailleurs, le journaliste Mohammad Alwan a été agressé puis arrêté (le 21/02), alors que les journalistes Ahmad Al-Arabid (le 05/02) et Abdul-Mohsen Chalalida (le 15/02) ont été arrêtés après entrée que les forces israéliennes ont fait irruption dans leurs domiciles. De plus, les photographes Jihad Barakat, Hicham Abou Chacra, Issam Al-Rimaoui, Mohammad Choucha, Mohammad Chreiteh et Mahmoud Matar ont été empêchés de prendre des photos et de filmer (le 09/02) alors que les journalistes Chafi’ Al-Hafez et Abdul-Rahman Hassan ont été détenus lors de la couverture d’un sit-in (le 16/02). D’autre part, les services de renseignement israéliens ont interdit au journaliste Akram Al-Natcheh de voyager au point de passage Al-Karama « pour des raisons sécuritaires » (le 25/02), et le tribunal militaire d’Ofer a renouvelé l’ordre de détention administrative à l’encontre du journaliste Himam Hantach pour une durée de six mois (le 08/02).

Sur le plan interne, la garde présidentielle a interdit au photographe Mohammad Choucha d’entrer dans la province pour couvrir un événement sur Jérusalem sous prétexte qu’il a critiqué la présidence palestinienne sur sa page Facebook (le 06/02).

Dans les Territoires de 1948, la police israélienne a interdit à un groupe de journalistes de se réunir à dîner dans la ville de Jérusalem, avant de rouer de coups le journaliste Ahmad Al-Safadi et de procéder à son arrestation (le 24/02). Enfin, l’écrivaine Maysoon Al-Assadi a été victime d’une campagne d’intimidation à Acre suite à la publication de son ouvrage « Les enfants savent-ils ? » (le 18/02).