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Gisèle Khoury : Samir Kassir était un « fanatique » de l’État laïc

Jeudi 02 juin 2016

Le Liban célèbre aujourd'hui la onzième commémoration de l'assassinat de l'éditorialiste d'an-Nahar Samir Kassir, tué le 2 juin 2005 à Achrafieh par une bombe placée sous sa voiture. Ce journaliste avant-gardiste était connu pour ses éditoriaux et ses positions critiques des régimes arabes et du système politique libanais. Sa veuve, la journaliste Gisèle Khoury, revient pour L'Orient-Le Jour sur les grandes lignes de sa pensée.

Dans le contexte arabe actuel, si Samir Kassir était encore là, qu'aurait-il prôné pour redonner son sens au printemps arabe ?
Le printemps arabe existe toujours. Il s'agit d'un volcan qu'a adopté Samir Kassir. Et aujourd'hui, je pense que s'il était encore là, il aurait prôné le retour à l'État de droit et à la démocratie.

Dans l'un de ses éditoriaux, Samir Kassir s'était prononcé pour une intifada dans l'intifada. Dans le contexte actuel du Liban, cela se traduirait par quoi ?
Je crois que cette intifada a commencé aujourd'hui. Et Samir, en tant qu'écrivain et historien, savait très bien que toute révolution passe par des phases d'intifada, et c'est ce dont nous témoignons aujourd'hui.

En se basant sur ses écrits, peut-on déduire, en extrapolant, son attitude concernant le débat qui bat son plein en Europe au sujet des rapports entre islam et laïcité ?
Je pense que Samir était un « fanatique » de l'État laïc. Preuve en est, toutes ses prises de position défendaient la pensée laïque. Il s'agit là d'un sujet qui lui tenait à cœur, et il n'était pas prêt à changer ses opinions à cet égard. Je pense qu'aujourd'hui encore, il aurait défendu l'édification d'un État laïque partout, sachant que cela devient de plus en plus difficile.

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