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Liban : un an après l'assassinat de Lokman Slim, RSF saisit l'ONU

Vendredi 04 février 2022
Un an après l'assassinat de l'analyste politique libanais Lokman Slim, menacé durant des mois par des militants du Hezbollah, Reporters sans frontières (RSF) saisit l’ONU. Inquiète de la dégradation de la sécurité des journalistes au Liban, l’organisation lui demande de s'assurer que les autorités libanaises prennent toutes les mesures nécessaires afin de garantir leur sécurité et leur protection.


Il a été assassiné il y a pile un an. Le 4 février 2021, l'analyste libanais Lokman Slim était retrouvé mort à proximité de son véhicule, alors qu'il était sur le chemin pour rentrer chez lui à Beyrouth. Si de nombreux soupçons pèsent sur des membres du Hezbollah, qui l'avaient menacé durant plusieurs mois en raison de ses propos critiques, l'enquête n'a pas permis de faire émerger une piste sur les auteurs du crime ni de les traduire en justice.

 

Face à ce constat, RSF a saisi formellement l’ONU sur l’assassinat de Lokman Slim, fin janvier, ainsi que sur les cas de 27 autres journalistes victimes de graves violences et menaces, pour l’alerter sur la détérioration alarmante de la liberté de la presse et de la sécurité des journalistes au Liban depuis octobre 2019.

 

Dans sa “lettre d’allégation”, adressée à trois rapporteurs spéciaux du Conseil des droits de l’Homme en charge des exécutions extrajudiciaires, de la liberté d'expression et des violences contre les femmes, RSF exhorte l'ONU à agir auprès des autorités libanaises pour obtenir qu’elles garantissent la sécurité et la protection des journalistes. Leurs conditions de travail se sont fortement détériorées depuis le début des manifestations anti-corruption du 17 octobre 2019 et l'explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020. 

 

"Des enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies doivent être menées pour toutes les violences et tous les crimes perpétrés contre les journalistes, déclare le directeur du plaidoyer de RSF, Antoine Bernard. Les journalistes payent au prix fort la culture de l'impunité qui sévit dans le pays: il est essentiel que les responsables de ces crimes soient identifiés, poursuivis et jugés."

 

Selon un décompte de RSF, près de 140 violations ont été commises au Liban à l’égard des journalistes depuis octobre 2019. Ce chiffre sans précédent comprend aussi bien des faits de violence physique et verbale que des interpellations. Environ 30% de ces violations ont ciblé les femmes journalistes, particulièrement vulnérables au cyber-harcèlement et aux menaces de mort. L’une d’elles, Mariam Seif (Nidaa Al-Watan), a dû fuir le pays. 

 

Un autre assassinat de journaliste, en décembre 2020, avait soulevé de nombreuses questions, celui du photographe Joseph Bejjani. Un crime pour lequel aucune enquête digne de ce nom n’a été menée et dont les motivations des meurtriers n'ont toujours pas été élucidées.

 

Le Liban occupe la 107e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.

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