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SKeyes Center for Media and Cultural Freedom - Samir Kassir Foundation

Les journalistes femmes, premières cibles des insultes des manifestants et des internautes

Samedi 04 septembre 2021

« Ne te fais pas passer pour une prude », « Est-ce que tu cherches un mari ? », « Tu ressembles à une vache maquillée »... Voici quelques exemples des violences verbales subies par les journalistes femmes lors de la couverture du soulèvement populaire d’octobre 2019 et des manifestations quotidiennes qui l’ont accompagné. Insultes, harcèlement sexuel, remarques sexistes ou critiques basées sur leur apparence physique, tout était bon pour tenter de rabaisser ces reporters, que ce soit sur le terrain ou en ligne. C’est ce que révèle une étude comparative de UN Women, préparée avec le soutien du gouvernement suédois et rendue publique hier lors d’une conférence à l’Université Saint-Joseph à Beyrouth (USJ). Cette étude a recueilli les témoignages de seize journalistes, huit femmes et huit hommes, issus de quatre chaînes de télévision locales. Elle montre que les reporters femmes sont de loin plus susceptibles que leurs collègues masculins d’être la cible des attaques physiques ou verbales de certains manifestants ou internautes.

Les huit femmes interviewées par UN Women disent avoir toutes été victimes de violences physiques sur le terrain, contre la moitié des hommes cités. 37 % de ces femmes affirment par ailleurs avoir été attaquées par les forces de l’ordre contre 25 % des hommes. Une d’elles confie à UN Women avoir eu les cheveux tirés par des manifestants et certains membres des forces de sécurité. Lors d’une de ses interventions, elle a même été la cible de jets de pierre et de bouteilles d’eau à la tête et a dû se réfugier dans une mosquée.


Insultes à caractère sexuel

En ce qui concerne les attaques verbales, aucun des 16 journalistes n’a été épargné, sauf que les femmes ont eu droit à des insultes à caractère sexuel, à des moqueries, des menaces, des critiques de leur apparence physique ou des remarques basées sur des stéréotypes liés au genre. Leurs collègues masculins, eux, ont vu leurs mères ou leurs sœurs insultées, les attaques verbales dans la langue arabe étant reliées à l’honneur de la femme.


En outre, 62 % des femmes interrogées ont subi un harcèlement sexuel lors de la couverture des manifestations, alors qu’aucun de leurs collègues masculins n’a été la cible de ce genre d’attaques.


« Les reporters femmes nous ont confié avoir entendu des commentaires du genre “Combien es-tu payée par nuit ? ” ou encore “Nous savons que tu as une relation avec Untel” », explique Halimé Kaakour, enseignante à l’USJ et rédactrice du rapport de UN Women. « La violence contre les journalistes femmes était considérablement plus intense que celle à l’encontre des hommes, car certains considèrent que la politique est une affaire masculine. Il y a des reporters à qui on a demandé de laisser tomber la politique pour se concentrer sur le maquillage ou le ménage », raconte Mme Kaakour.


« Ma mère m’a demandé d’arrêter de tweeter »

L’étude s’est également penchée sur les comptes Twitter des 16 journalistes interviewés, afin d’examiner le harcèlement en ligne dont certains ont été victimes. Sur 89 612 commentaires publiés entre octobre 2019 et janvier 2020, l’étude indique que 5 164 ont été jugés offensifs ou basés sur une discrimination reliée au genre. Sur l’ensemble des commentaires retenus, 1 986 ont été publiés sur les comptes de journalistes hommes et 3 178 sur ceux des femmes.


La journaliste Rachel Karam, qui a couvert les manifestations pour la chaîne al-Jadeed, indique avoir été la cible d’un véritable discours de haine sur les réseaux sociaux. « À un moment, ma mère n’en pouvait plus. Elle m’a demandé d’arrêter de tweeter », confie la reporter qui avoue avoir été déprimée à cause des critiques dont elle a été victime. « Avec le temps, on s’habitue aux critiques, mais il n’empêche que ça nous affecte, surtout lorsqu’on fait face à la haine aveugle », ajoute-t-elle.


Ayman Mhanna, directeur exécutif du centre pour les médias et la liberté culturelle SKeyes, fait remarquer pour sa part que « ceux qui attaquent les femmes journalistes n’ont que faire du contenu de leurs interventions ». « Les critiques envers les femmes qui travaillent dans les médias ne concernent pas les informations qu’elles rapportent, mais leur apparence physique », indique M. Mhanna.Le rapport recommande en outre de renforcer l’application des lois sur la liberté d’expression et de la presse et de mettre en place un environnement de travail sécurisé pour les journalistes. Il appelle également à sensibiliser les journalistes et le public sur la violence basée sur le genre.

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