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SKeyes Center for Media and Cultural Freedom - Samir Kassir Foundation

Au Liban, quand le digital devient la main armée du Hezbollah

Source Marianne
Mardi 09 novembre 2021

Au Liban, rire du parti chiite Hezbollah n’est pas sans conséquences. Hussein Kaouk un humoriste de 28 ans, issu lui-même de la communauté chiite et vivant dans la banlieue sud de Beyrouth, l’un des fiefs du Hezbollah, en a fait les frais ce week-end. Il s’est attiré les foudres du parti de Dieu et de ses partisans, lorsque l’un de ses sketchs, diffusé sur la chaîne de télévision libanaise Al-Jadeed, est devenu viral.


La scène en question - « une critique acerbe des différents partis politiques locaux » selon le quotidien libanais L'Orient-le Jour - met en scène un militant du Hezbollah victime d’une crise cardiaque lorsqu’on lui annonce que le dollar va à nouveau s’échanger à 1 500 livres libanaises, le taux de change d’avant la crise d’octobre 2019 – alors qu’actuellement un dollar s’échange à près de 20 000 livres ! Une dévaluation dramatique de la monnaie nationale qui a créé une césure entre la majorité de la population libanaise lourdement impactée et les militants du Hezbollah qui eux sont payés en dollar et dont le pouvoir d’achat a donc augmenté. « Le message politique du sketch vise le Hezbollah qui profite de la dévaluation de la livre pour fidéliser ses bénéficiaires », explique Jad Chahrour, responsable de la communication du Centre SKeyes pour la liberté de la presse et culturelle au sein de la Fondation Samir Kassir.

Raids digitaux et appels au meutre

Sans attendre, la campagne de diffamation contre le jeune humoriste est lancée. Le quotidien al-Akhbar, connu pour être le porte-parole du parti chiite, publie un article dans lequel il dénonce des « comédiens qui diabolisent l’environnement de la Résistance à la télévision ». L’auteur de l’article précise au passage que ce genre de contenu relève d’une menace pour le Hezbollah. Des appels au meurtre sont lancés, ou plus subtilement encore des invitations « “à l’attacher par les cheveux à une voiture et à traîner son corps dans les rues de la capitale”, une pratique barbare courante durant la funeste guerre civile libanaise, ou même “à l’écorcher vif” » rapporte le quotidien francophone L’Orient-le Jour.


Des menaces que le jeune homme a dû subir en cascade. « Les raids digitaux sont une nouvelle forme de guerre utilisée pour intimider les gens relève Marie Deschenaux spécialiste des techniques de propagande. On peut reconnaître le mécanisme à la masse de comptes impliqués et à la façon dont l’information est propagée. Il y a différentes captures d’écran mais la majorité des tweets sont négatifs et essaient de déstabiliser et de décrédibiliser l’humoriste de manière très violente ». Cela, alors même que tous les commentaires sur son Instagram sont positifs.


Cette technique des raids digitaux n'est pas nouvelle. De grandes multinationales comme le géant de l'agroalimentaire américain Monsanto en utilisent les méthodes depuis des années afin de décrédibiliser leurs détracteurs. Le Hezbollah s'est largement inspiré du roi des OGM et du Roundup. Ainsi, comme Monsanto, le parti de Dieu « utilise une véritable armée électronique pour menacer ceux qui ne pensent pas comme eux. Que ce soit à travers les réseaux sociaux ou les médias, ils utilisent tous les moyens en leur possession pour diffuser l’idée que telle ou telle personne représente un danger » reprend Jad Chahrour du Centre SKeyes avant d’ajouter « ainsi, ils passent le message que si vous pensez en dehors des cases, vous serez menacés ».

Le souvenir de l'assassinat de l'opposant chiite Lokman Slim

Au Liban, chacun garde en tête le souvenir de l’assassinat de l’opposant et intellectuel chiite Lokman Slim, le 4 février dernier. Ce dernier – connu pour ses positions anti Hezbollah assumées mais aussi pour son travail unique sur la mémoire de la guerre civile libanaise – avait également subi une campagne de désinformation avant de mourir de quatre balles dans la tête. « Le Hezbollah construit un récit, un narratif qui justifie que cet homme doit mourir parce qu’il est un traître », avance encore Jad Chahrour.


Plus récemment, le juge Tarek Bitar, en charge de l’enquête sur l’explosion au port de Beyrouth, (à nouveau suspendu suite au recours d’un ancien ministre), a également subi une campagne de désinformation et d'intimidation. Et ce procédé ne touche pas que des figures intellectuelles à une large audience : « C'est arrivé à de nombreux Libanais, lorsqu’ils ont parlé de manière critique du Hezbollah, leurs hommes sont entrés dans les maisons, les ont frappés et les ont obligés à s'excuser devant une caméra » révèle Jad Chahrour.


Au-delà de la simple actualité, « Hussein Kaouk va devoir faire attention, à moins qu’il ait des intérêts personnels à le faire, à ne pas devenir le porte-drapeau de quelque chose qui lui échappe totalement » met en garde Marie Deschenaux. Avec la masse de personnes qui prennent aujourd’hui sa défense, « il risque de devenir un outil de propagande malgré lui... ». Une perspective, qui dans un pays comme le Liban est plus dangereuse que souhaitable.

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