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SKeyes Center for Media and Cultural Freedom - Samir Kassir Foundation

Lokman, Samir, Gebran

Vendredi 12 février 2021

Je ne connaissais pas Lokman Slim personnellement, mais je connaissais le personnage. Son travail sur la mémoire, ses écrits, son activisme. Cet écrivain était un fervent opposant au Hezbollah. Et cet opposant n’avait pas peur. Son assassinat le 4 février dernier a, de nouveau, réveillé la peur en nous. Et bien évidemment, nous a rappelé qu’ici, au Liban, la liberté d’expression n’était pas de mise. Et que l’ère des assassinats avait repris son cours. Un cours d’impunité et de questions sans réponses.


Je ne connaissais pas Lokman Slim, mais je connaissais Samir Kassir et Gebran Tueni. Le premier, je le croisais dans l’ascenseur de l’immeuble où se trouvaient les bureaux de L’Orient-Express. L’Orient-Express, magazine duquel Samir était le rédacteur en chef. Samir m’a tout appris. L’écriture, la rigueur, la créativité. Il avait vu en moi une journaliste, ce que moi-même j’allais découvrir en écrivant. J’avais 22 ans. Il en avait 35. C’était mon père spirituel. Il m’appelait d’ailleurs Benté. Mais il était à la fois une figure paternelle et un grand-frère. Il avait créé autour de lui une famille, qui malgré le temps, est restée telle quelle. L’aventure Orient-Express s’est terminée 3 ans après ses débuts. Et durant les années qui ont suivi, il était toujours présent. Il m’appelait pour me faire des remarques, rectifier le tir de mon style. Nous sommes demeurés très proches, des liens familiaux nous unissant également. Jusqu’à ce jour funeste de juin 2005, le 2, plus exactement, où on a essayé de le réduire au silence en privant le Liban d’une figure importante pour l’avenir du pays. Tout comme avec Gebran Tueni ou Pierre Gemayel. Ils ont voulu décapiter ces voix nouvelles pour mieux régner sur un pays qu’ils ont décidé de détruire. Et ils l’ont fait.


Je n’aurais jamais imaginé lorsque je vivais à Paris, qu’un jour, on assassinerait un de mes proches. Des proches, j’en ai perdu pendant la guerre, mais c’était la guerre. Samir Kassir, c’est un meurtre. Un meurtre prémédité par ceux qui sont à l’origine de tous les crimes commis au Liban depuis plus de 15 ans. Lui, Gebran, Lokman, ils ont cherché à les faire taire. Mais ils n’ont pas réussi et ne réussiront jamais à le faire. Parce que leurs écrits, leur combat et leur désir de créer un Liban meilleur ne sont pas morts avec eux. Ils perdureront. Et de ces hommes, est née une génération de Libanais qui ne masquera plus ses propos. Nous sommes leurs héritiers et leurs héritières. Et nous n’avons pas peur, nous n’avons plus peur. Ni Dima Sadek, ni Nadim Koteich, ni Riad Kobeissi et tous les autres. Ni les activistes du 17 octobre, ni les Libanais qui ont compris que ces chefs de clan les opprimaient. La liberté ne peut rester assujettie. Un jour ou l’autre, elle réveille les esprits. Elle envahit à nouveau les individus. L’oppression est une arme. Mais comme dans toutes les batailles dans lesquelles elle a été utilisée, elle est vouée à s’effondrer. Face au courage.


Avec l’assassinat de Lokman Slim, j’ai réalisé quelque chose que je n’avais pas encore palpé. J’ai compris que si moi aussi, à ma petite échelle, j’écrivais chaque semaine dans ces colonnes ma haine envers ce régime immonde, je le faisais pour Samir Kassir. J’essaie de reprendre une partie de son flambeau, aux côtés de toutes ces plumes qui combattent l’esprit mortifère de ces milices. J’essaie de sauvegarder sa mémoire et celle de tous ceux qui ont péri au nom de la liberté d’expression. Qui nous ont quittés parce qu’ils n’ont pas eu peur de s’opposer aux armes avec des mots. À combien de proches doit-on encore dire adieu ? À combien de proches doit-on dire au revoir parce qu’ils quittent ce pays de miel et d’encens ? Dans combien d’enterrements devrons-nous encore marcher ? Que nous faut-il encore pour nous soulever une bonne fois pour toutes ? Pour récupérer ce pays qui n’est pas l’Iran. Ce pays damné par tous les cieux, pour avoir toujours été celui de l’ouverture. De toutes les ouvertures.

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