SKeyes Center for Media and Cultural Freedom - Samir Kassir Foundation

« Les agressions en uniforme sont un crime », selon SKeyes

Jeudi 12 décembre 2019

Les agressions menées contre les journalistes, correspondants, photographes, militants et manifestants pacifiques, et dont la violence varie en fonction des assaillants et de leurs appartenances politiques, se poursuivent depuis le début de la révolution. La dernière en date a eu lieu vers minuit mardi 10 décembre : des dizaines d’agents en uniforme ont rué de coups les manifestants et les journalistes, avant de briser leurs téléphones et de fracasser leurs voitures à Verdun dans la capitale Beyrouth. Plusieurs personnes ont été blessées, et par la suite transportées à l’hôpital. 
Le Centre SKeyes pour la liberté de la presse et de la culture condamne ces agressions perpétrées par des miliciens en uniforme contre des manifestants pacifiques et les considère comme des crimes prémédités qui nécessitent une responsabilisation immédiate. SKeyes demande aux autorités compétentes de prendre d’urgence les mesures nécessaires et de considérer les vidéos et les photos qui montrent la brutalité de l’attaque comme de véritables preuves condamnant les agresseurs, ainsi que les responsables qui leur ont donné le feu vert.
SKeyes rappelle que l’attaque menée contre les journalistes et les manifestants à coups de matraque, ainsi que la destruction de leurs voitures, n’a pas eu lieu lors d’une manifestation devant la maison d’un haut responsable ou d’une institution publique ou privée. En effet, ceux-ci circulaient au milieu de l’autoroute en plein Beyrouth et non dans une ruelle, un quartier spécifique ou un petit village pour éveiller la colère des habitants. Cela montre l’intention criminelle de cette agression préméditée qui est allée aussi loin que l’embuscade et la tentative de meurtre, vu la violence des attaques. Une grande partie des assaillants étaient en uniforme, mais faisaient tout l’opposé de leur devoir habituel, qui est celui de la protection des manifestants, notamment que ces derniers exprimaient leur opinion et revendiquaient leurs droits de manière pacifique. La question est de savoir qui ordonne à ces centaines d’agents de semer la discorde sous l’égide de l’État et de la loi.

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