SKeyes Center for Media and Cultural Freedom - Samir Kassir Foundation

Des ONG dénoncent les atteintes à la liberté d'expression au Liban

Source RFI
Mardi 14 juillet 2020
Une quinzaine d'ONG alerte sur une « campagne de répression » et un « climat d'intimidation » au Liban. En plein effondrement économique, le Liban ne doit pas abandonner sa liberté d'expression dénoncent-elles.

Depuis octobre 2019, les rues libanaises ont vu défiler des centaines de milliers de citoyens dénonçant la corruption et l'incompétence des autorités. Et depuis, les violations se sont encore intensifiées.

Selon, une coalition d'ONG comprenant la Fondation Samir Kassir, mais aussi Amnesty International ou Human Rights Watch (HRW) : « Au lieu de répondre aux appels des manifestants qui réclament des comptes, les autorités mènent une campagne de répression contre ceux qui exposent la corruption et critiquent légitimement les défaillances significatives du gouvernement », selon un communiqué de la coalition.


Les journalistes particulièrement visés

Et cette répression passe notamment par une intensification du contrôle des médias et des réseaux sociaux, explique Ayman Mhanna, directeur de la fondation Samir Kassir sur RFI.« Ce sont les journalistes indépendants qui travaillent dans de nouveaux médias, particulièrement des pure players en ligne, mais également des militants des droits de l’homme, des militants civiques sur les réseaux sociaux qui sont le plus menacés. »

Pour lui, cette répression est aussi le symbole d'une incapacité du gouvernement à agir sur les problèmes dénoncés : « Depuis octobre 2019, et surtout depuis le début de l’année 2020, la situation se détériore. C’est comme si les autorités libanaises, incapables de régler la crise économique et sociale qui traverse le pays, tentaient de cacher l’image de cette détérioration. »


Les procès, un « outil de représailles »

Et pour s'attaquer à ces contenus qui mettent en avant la corruption du système, certaines personnalités n'hésitent à utiliser le tribunal pour museler les journalistes. « Bien que le Liban soit perçu comme un des pays les plus libres du monde arabe, de puissantes personnalités politiques ou religieuses utilisent de plus en plus les lois pénales sur la diffamation et les insultes comme outil de représailles contre les détracteurs », déplore le communiqué des ONG.


L'alliance exhorte donc « les procureurs et les agences de sécurité à ne pas convoquer des personnes [...] pour avoir exercé leur
droit à la liberté d'expression
 ».

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