SKeyes Center for Media and Cultural Freedom - Samir Kassir Foundation

Le photographe Nabil Ismaïl agressé lors des heurts entre CPL et FL

Mercredi 16 septembre 2020

L’année 2020 a été la pire en termes de violences perpétrées contre les journalistes et photographes de presse, la Fondation Samir Kassir ayant recensé plus de 75 agressions perpétrées contre eux durant les huit premiers mois de l’année en cours contre quinze en 2019. La nuit de lundi n’y faisait pas exception. Nabil Ismaïl, photographe au quotidien an-Nahar, a été durement frappé par des partisans du Courant patriotique libre lors des affrontements qui les ont opposés à des militants des Forces libanaises devant le siège du CPL à Mirna Chalouhi, à Sin el-Fil.

Nabil Ismaïl était parmi les premiers photographes arrivés sur les lieux. « L’armée était au centre pour séparer les deux rues, confie-t-il à L’Orient-Le Jour. Je portais mes appareils-photo autour du cou. J’avais aussi mis mon gilet de presse. Je me suis approché du centre Chalouhi à la recherche d’un meilleur angle pour mes photos lorsqu’un partisan du CPL a crié en me demandant de ne pas prendre des photos. J’ai répondu que j’étais journaliste d’an-Nahar. Il m’a alors violemment insulté et m’a lancé “vous êtes la presse jaune” ».


Nabil Ismaïl a arrêté de prendre des photos. Il s’est retourné pour se diriger vers la zone dans laquelle se trouvaient d’autres photographes, lorsque deux hommes en civil l’ont attaqué. « L’un d’eux avait une arme, raconte-t-il. Le premier m’a rudement frappé sur le visage, alors que le second m’a assené des coups sur le dos. Ils ont essayé de me prendre les appareils-photo. Je ne cessais de répéter que j’étais journaliste à an-Nahar. »


Un photographe de la chaîne al-Arabiya, Mahmoud Chokr, était présent sur les lieux. « Il leur a crié dessus dans une tentative de me sauver de leur emprise, puis a alerté les militaires qui sont intervenus, poursuit Nabil Ismaïl. Ils m’ont demandé de m’éloigner du centre Mirna Chalouhi. Sans l’intervention de l’armée, ça aurait pu être pire. »


Ce n’est pas la première fois que Nabil Ismaïl est agressé lors de ses missions. « J’ai été battu à deux reprises alors que je couvrais les manifestations organisées dans le cadre du soulèvement populaire (du 17 octobre) », dit-il. À la question de savoir s’il va intenter un procès contre ses agresseurs, il répond que c’est aux syndicats de le faire « pour dissuader les gens d’agresser les journalistes ».

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