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SKeyes Center for Media and Cultural Freedom - Samir Kassir Foundation

Comment l’armée électronique du Hezbollah "assassine" Tarek Bitar

Lundi 18 octobre 2021

La cabale contre le juge Tarek Bitar a envahi la toile depuis que ce dernier a lancé des poursuites contre de nombreux hauts responsables libanais qui sont bien décidés à se livrer à toutes sortes de stratagèmes pour échapper à la justice et saboter l’enquête. "Bitar politise l’enquête", "la fitna du nitrate de Bitar", ou encore tout dernièrement "Bitar a du sang sur les mains", voici quelques exemples parmi les nombreux hashtags ou mots-clés que l’on peut retrouver sur les réseaux sociaux Twitter, Facebook et Instagram, qui ciblent le magistrat en charge depuis février 2021 de l’enquête sur la double explosion du port de Beyrouth qui a fait 218 morts et ravagé des quartiers entiers de la capitale libanaise.


Cette campagne d’acharnement est menée essentiellement par "l’armée électronique" du Hezbollah et de son allié Amal. L’Orient-Le Jour a choisi de se concentrer sur Twitter où elle semble avoir émergé depuis que le juge a été dessaisi pour la première fois de l’enquête le 27 septembre suite à une plainte devant la Cour d’appel déposée par le député Nouhad Machnouk, un des hauts responsables pointés du doigt par Tarek Bitar dans ce dossier. "Bitar a sauté" ou "Bitar doit être changé", ou tout simplement "Tarek Bitar", ces mots-clés ont soudainement envahi les réseaux sociaux, souvent accompagnés d’un message et/ou d’une photo ternissant la réputation du magistrat. Certes, le député Machnouk n’est pas affilié au tandem chiite, et pourtant la majorité des profils qui ont commencé à véhiculer ces slogans diffamatoires et ces discours de haine témoigne d’une proximité avec le parti de Dieu notamment. On le voit à travers la photo de profil choisie (souvent celle de Hassan Nasrallah ou de l’imam Khomeini) ou les messages de propagande en faveur du mouvement chiite qu’ils relaient à répétition sur leur page :

Qui est cette armée électronique ?
Le Hezbollah est loin d’avoir manqué la révolution numérique. Bien au contraire, la puissante milice a investi les réseaux sociaux via la propagation de contenus en sa faveur, qui échappent la plupart du temps à la surveillance de plateformes comme Facebook et Twitter. A l’instar de tous les partis politiques, le Hezbollah l’a bien compris : les réseaux sociaux, au côté du contrôle de l’image et des médias, sont devenus un outil de pouvoir incontournable. Un outil qui va également servir à intimider ses opposants et ses critiques et à saboter des dossiers qui jouent en sa défaveur. Pour cela, une fine méthode, qui consiste à déverser des messages de désinformation sur la toile, relayés par une armée électronique dans le but clair de manipuler et mobiliser les partisans. "Cette armée est constituée de faux comptes Twitter, de trolls (ces auteurs de provocations intentionnelles destinées à nuire ou à créer la controverse), de partisans ordinaires et de personnalités publiques influentes et populaires qui vont s’emparer d’un dossier que le Hezbollah veut faire échouer comme celui de l’enquête sur l’explosion du port", explique Jad Shahrour, responsable de communication pour la fondation Samir Kassir.


Les profils publiant ou partageant des contenus "anti-Bitar" analysés par l’OLJ se déclinent effectivement de cette même manière. On retrouve les pages typiques de faux profils avec un nom en codes, et peu d'interactions avec les autres utilisateurs mais une forte activité qui consiste à relayer les messages de propagande.
(En voici deux exemples : https://twitter.com/hussein141148?s=20
https://twitter.com/Sarah66521392
)


Parfois certains profils sont difficiles à cerner. Ils détiennent un grand nombre de "followers" sans pour autant être des figures connues. Cette femme par exemple (dont l’authenticité du profil soulève des doutes) semble avoir une grande influence sur la tendance des mots-clés à utiliser par les autres internautes. Ici, elle leur demande d’employer dorénavant le hashtag "Bitar joue avec le feu".

Et enfin les personnalités publiques à l'instar de journalistes d’al-Mayadeen ou d’al-Manar, médias proches du Hezbollah, qui détiennent des dizaines de milliers d’abonnés pour certains et dont les messages vont avoir un impact retentissant grâce aux nombreux retweets (partages) dont ils vont bénéficier. Ici, le journaliste Ali Mortada recueille près de 900 cœurs pour un message dans lequel il se moque du magistrat après le discours virulent de Hassan Nasrallah (lundi dernier) à son encontre.

Les hashtags reprennent l’essence des critiques de Nasrallah
Il est rare que ce lynchage en ligne ne soit pas précédé par des discours politiques qui donnent le ton. Il est important de rappeler la série d'événements survenue en amont du harcèlement en ligne que subit le juge qui est aux manettes de la plus grosse affaire judiciaire dans l’histoire du pays, et qui bénéficie jusque-là d’un soutien assez large de la société civile libanaise. Le 21 septembre dernier, les médias ont rendu publique des menaces musclées que Tarek Bitar a reçues de la part d’un cadre du Hezbollah en privé. "Nous irons jusqu'au bout avec les moyens légaux, et si cela ne fonctionne pas, nous allons te déboulonner", avait affirmé en substance Wafic Safa, responsable du comité de coordination du parti. Cette fuite n’a pas pour autant été suivie d’une campagne d’appui sur la toile. Au départ, les partisans du mouvement chiite se sont contentés de questionner la véracité de ces menaces alors que le Hezbollah avait choisi de garder le silence. Le tournant s’opère réellement à partir du moment où le magistrat est temporairement dessaisi de l'enquête. Puis la campagne se corse au fur et à mesure des déclarations de hauts responsables du tandem chiite. Le 10 octobre, le député Amal Ali Hassan Khalil, visé par l’enquête, dénonce un dossier "fortement politisé" et "sélectif" et appelle au dessaisissement du juge Bitar. Le même jour, son confrère du Hezbollah Hassan Ezzedine pointe du doigt une intervention des Etats-Unis dans le dossier géré par le magistrat. Dès lors, les slogans "Bitar politise l’enquête" envahissent Twitter notamment du fait des partisans du mouvement de Nabih Berry.


Le 11 octobre au soir, Hassan Nasrallah s’en prend sévèrement au magistrat dans un discours. Le numéro 1 du Hezbollah l’accuse de "ciblage politique" en soulevant le fait que Tarek Bitar n’a pas cherché à interroger le président Michel Aoun ou son prédécesseur Michel Sleiman, ni les anciens chefs de gouvernement en poste avant Hassane Diab. "Vous ne connaîtrez jamais la vérité avec un tel magistrat", a-t-il lancé aux familles des victimes dans une volonté claire de démolir le juge de 47 ans. Sur Twitter, la cabale prend de l’ampleur. "Ça suit toujours cette même chronologie. Lorsque le parti veut annuler une affaire comme celle-ci, il va d’abord faire tenir à ses responsables un discours anti-Bitar. Ensuite les médias qui lui sont proches vont reprendre ce lexique critique à l’égard du juge. Et enfin l’armée électronique va récupérer le dossier sur les réseaux sociaux. On a clairement vu un déversement de messages haineux en une minute après le discours de Nasrallah ce soir-là", affirme Jad Shahrour.


Les slogans reprennent l’essence des critiques du chef du Hezbollah avec des images graphiques souvent élaborées par "Tansikeya", un "comité de coordination" (comme il se présente sur son site) qui a choisi de répandre les valeurs de la "résistance"sur les réseaux sociaux. Tansikeya, sur Twitter, a assidûment donné le ton à la campagne anti-Bitar en relayant quasi quotidiennement depuis le 27 septembre les différents slogans et visuels le diffamant et l’accusant notamment d’être couvert par les Américains.

Avec les affrontements sanglants du 14 octobre qui ont eu lieu à Tayouné (au sud de Beyrouth entre des combattants du Hezbollah et d'Amal et d'autres positionnés dans des quartiers chrétiens), jour de la manifestation organisée par les deux partis chiites contre le magistrat devant le Palais de justice de Beyrouth, et qui se sont soldés par la mort de sept personnes, les hashtags ont pris une tournure plus agressive. Le mot-clé "Bitar tu as du sang sur les mains", associé à des images des victimes, a été repris par une multitude d’internautes, attribuant ainsi la responsabilité de ces violents incidents au magistrat.

"Character assassination"
Tarek Bitar, un magistrat dont l’intégrité a été toujours saluée par ses compères, est clairement pris dans les mailles du "character assassination", un procédé savamment calculé pour nuire à la réputation d’une personne. Il n’est pas le seul à avoir été victime d’une campagne de harcèlement en ligne menée par les sympathisants du Hezbollah et de ses alliés. Plusieurs journalistes libanais, des femmes notamment, ont subi ce type de harcèlement sur Internet qui a alerté des organisations comme Reporter sans Frontières (RSF). Dima Sadek, Luna Safwan, Mahassen Moursel et plus récemment Yumna Fawaz ont toutes été la cible de campagnes diffamatoires parfois très agressives visant leur vie intime. 'Il n’y a pas besoin d’être très critique, il suffit juste de mentionner le nom Nasrallah et on me tombe dessus", témoigne Yumna Fawaz, ancienne reporter de guerre pour al-Jadeed qui dit être harcelée par le Hezbollah depuis 2011, début de la révolution en Syrie. "Je suis exposée à une haine permanente, ça envahit toute ma vie, et le but ultime de tout ça c’est de me faire taire, de me faire arrêter mon travail de journaliste, en gros de m’assassiner", dénonce la reporter qui affirme n’avoir jamais cédé à ces intimidations.

Récemment, la fondation Samir Kassir, par le biais de l’universitaire et anthropologue Nasri Messarra, s’est penchée sur le "réseau de la haine" autour de l’assassinat de l’intellectuel et documentariste Lokman Slim, fervent détracteur du Hezbollah tué le 4 février dernier, six mois jour pour jour après la double explosion au port de Beyrouth. L’analyse de près de 190 000 messages tweetés le mois qui a précédé et celui qui a suivi ce meurtre établit l'existence de réseaux dirigés par les partisans du parti de Dieu, qui ont délibérément répandu une image négative de l’intellectuel, célébrant sa mort et/ou l'accusant de collaboration avec Israël. Tout comme dans le cas du juge Bitar, des personnalités influentes et très suivies, occupant parfois de hauts postes dans les médias (le journaliste Hossein Mortada), ont contribué à rendre "viraux" ces messages diffamatoires (allant du subtile à l’agressif) en les relayant sur leur page.

Assassinat online = assassinat offline ?
L’effet d’une telle campagne en ligne n’est pas à sous-estimer. Il peut même s’avérer glaçant. Dans le cas de Lokman Slim, la campagne a contribué à justifier son élimination en ternissant son image, faisant de lui un personnage insignifiant, voire pire, un homme méritant la mort, d’après l'étude de la Fondation Samir Kassir. Peut-on alors craindre que cet acharnement orchestré sur la toile puisse mener au crime réel ? Jad Shahrour estime que la corrélation n’est pas avérée. Selon lui, la cabale en ligne agit essentiellement sur la psychologie des utilisateurs. "On ne peut pas dire que le hate speech (discours de haine) aboutit au crime. Dans le cas de Lokman Slim, ces messages haineux ont créé un scénario tel que lorsqu’il a été tué, certains ont pu dire 'vous voyez, on vous avait dit que c’était un ennemi, ou un espion israélien'. Cette campagne permet en quelque sorte de façonner un 'avis général' en amont, qui va permettre de banaliser le futur assassinat", explique Jad Shahrour. Pourtant une étude américaine intitulée "From Hashtag to Hate Crime : Twitter and Anti-Minority Sentiment" révèle qu’il existe bien une corrélation entre les deux. L’étude démontre que les tweets xénophobes postés par le président américain Donald Trump ont été suivis dans les jours suivants d’une augmentation des crimes haineux contre les musulmans aux Etats-Unis.

"À force de vous souhaiter la mort à répétition sur les réseaux sociaux, ils deviennent en colère et violents quand ils vous voient", estime pour sa part la journaliste Yumna Fawaz qui affirme avoir déjà subi des agressions sur le terrain.


La campagne anti-Bitar sur les réseaux n'a peut-être pas pour but de préparer les esprits à son élimination physique, mais elle a clairement pour effet de le discréditer au point qu’une large partie de l’opinion publique pourrait ne pas être indignée par son éventuelle récusation. L’effet psychologique de cette cabale menée par cette armée électronique est en tout cas bien réel, au point d’avoir déformé dans les esprits de tous les partisans du Hezbollah le travail d’enquête mené par le juge. Le jour de la manifestation du 14 octobre, nombreuses sont les personnes qui arboraient les panneaux associant le magistrat à l’actuelle ambassadrice américaine à Beyrouth, sous-entendu qu’il serait à la botte de Washington. Les sympathisants du tandem chiite sont convaincus que seuls les membres de leur camp sont inquiétés par cette enquête, occultant complètement le fait que Tarek Bitar a lancé d'autres poursuites contre des personnalités comme Tony Saliba, le directeur général de la Sécurité de l'Etat, et Jean Kahwagi, l’ancien commandant en chef de l’armée libanaise, ou que des responsables comme Badri Daher (directeur des Douanes, proche du président Aoun) et Hassan Koraytem (directeur du port de Beyrouth, proche de Saad Hariri) sont toujours écroués depuis plus d’un an pour leur responsabilité dans cette affaire.

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