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Un journaliste anti-Hezbollah, Mohammad Barakat, affirme avoir été menacé de mort

Mardi 21 décembre 2021

Mohammad Barakat, directeur de publication du site d’information Asas, un site d’analyse politique fondé par l’ancien ministre de l’Intérieur Nouhad Machnouk, a révélé ces derniers jours avoir été victime de menaces de mort au Liban-Sud. Farouche opposant au Hezbollah et connu pour son franc-parler et ses critiques virulentes contre le parti chiite, le journaliste dit avoir déjà été menacé à plusieurs reprises par le passé. Dans un entretien télévisé accordé à la MTV samedi dernier, il a révélé les dessous d’un incident qui s’était déroulé il y a deux mois.

Selon lui, des inconnus se sont présentés au domicile de sa tante situé tout près de sa maison familiale au Liban-Sud, dans la localité de Rab el-Talatine. S’adressant à sa tante – dont la famille est pro-Hezbollah – l’un des inconnus lui a dit : « Nous connaissons bien cette maison, en montrant du doigt la résidence du journaliste. Dites à Mohammad Barakat qu’il fasse attention à lui parce que les circonstances sont telles que le sang pourra couler. » « J’en ai aussitôt informé les services de renseignements de l’armée. Ma tante, elle, s’est rendue au poste de gendarmerie de Adayssé pour porter plainte, sauf que la police a refusé d’établir un procès-verbal de ce qui s’est passé. Ma tante, à qui l’on avait promis de la rappeler, n’a jamais été contactée », poursuit le journaliste. Sa tante s’est ensuite rendue auprès du parquet de Nabatiyé pour y déposer une plainte qui n’a jamais eu de suite. S’étant accordé un laps de temps suffisant avant de rendre l’affaire publique, il a jugé nécessaire d’en informer les médias, afin de mieux se protéger, selon lui. En septembre 2020, le journaliste avait également reçu, toujours selon sa version des faits, plusieurs appels anonymes se reproduisant à partir de numéros différents qui étaient ensuite déconnectés sur-le-champ. Il avait alerté le public en publiant ces numéros sur sa page Facebook.

Le cas Lokman Slim

Les tentatives d’intimidation sont devenues monnaie courante au Liban et se multiplient chaque fois que la tension monte : des menaces via les réseaux sociaux couplées d’appels téléphoniques énigmatiques sont adressés à des journalistes ou intellectuels considérés comme des faucons du camp hostile au Hezbollah. Ces menaces restent parfois lettre morte, mais le passage à l’acte n’est pas à écarter. Ce fut notamment le cas lorsque Lokman Slim, écrivain et activiste politique, avait été menacé, notamment lors du soulèvement populaire d’octobre 2019. Il était également accusé d’être à la solde des États-Unis, une réthorique utilisée pour discréditer tous les opposants au Hezbollah. Après avoir reçu à un rythme presque régulier des menaces de tout genre, Lokman Slim a été retrouvé assassiné dans sa voiture au Liban-Sud, le 4 février dernier.

En novembre dernier, le jeune comédien Hussein Kaouk, 28 ans, connu pour ses sketches humoristiques qui dépeignent la société libanaise et plus particulièrement les milieux chiites, a été à son tour la cible d’une virulente campagne d’intimidation et de discours haineux de la part du Hezbollah et de ses partisans. Quant à Mohammad Barakat, il refuse d’accuser qui que ce soit et se contente de dire qu’il est « originaire d’un village frontalier avec Israël » considéré comme un périmètre sécuritaire par excellence et quadrillé par le Hezbollah, l’armée et la Force intérimaire des Nations unies (Finul). Le président de l’ordre des journalistes, Joseph Kossaïfi, l’a contacté hier pour lui exprimer sa solidarité. M. Kossaïfi a condamné l’incident et appelé les services de sécurité et la justice à intensifier leurs efforts pour démasquer les auteurs de ces menaces.

 

 

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