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SKeyes Center for Media and Cultural Freedom - Samir Kassir Foundation

Les auteurs de l’attaque à l’explosif contre la LBCI toujours non identifiés

Mercredi 25 janvier 2023

Victime d’une attaque à l’engin explosif dimanche dernier, la chaîne LBCI semble avoir retrouvé un rythme de travail normal cette semaine, bien qu’aucun suspect n’ait encore été identifié. « Tout va bien, personne n’a été blessé heureusement. La grenade a atterri sous un décor qu’on était en train de démonter », confie à L’Orient-Le Jour Joey Daher, le fils du PDG de la LBCI Pierre Daher. La police, elle, n’a toujours pas officiellement établi les causes de cet incident. Peu de jours avant cette attaque, un sketch polémique sur la communauté chiite avait été diffusé sur la chaîne, qui avait été décrié sur les réseaux sociaux, mais rien ne permet de faire le lien entre les deux événements jusqu’à nouvel ordre. Dimanche soir, le présentateur Bassam Abou Zeid avait été surpris par le bruit d’une détonation en plein journal télévisé. Peu après, il expliquera l’origine de l’incident : un engin explosif a été lancé par des inconnus dans le parking du siège de la chaîne à Adma, dans le Kesrouan. « Selon les premiers éléments de l’enquête, deux personnes qui étaient à bord d’une moto sont suspectées, selon les images des caméras de vidéosurveillance », avait indiqué la LBCI sur son site. Une goupille de grenade a été retrouvée sur les lieux.

Quelques jours plus tôt, la chaîne avait diffusé un sketch intitulé « Vous pouvez maintenant apprendre le langage chiite », une vidéo dans laquelle un professeur apprend à ses élèves des expressions se voulant typiques des zones chiites du Liban. La vidéo a suscité un tollé, beaucoup dénonçant une stigmatisation de la communauté et une atteinte à certaines figures religieuses. « Nous ne savons pas si cette attaque est liée au sketch que nous avions diffusé. Nous n’avons pas de réponse là-dessus pour l’instant, affirme Joey Daher à L’OLJ. Dans tous les cas, ce n’est pas de cette manière que l’on aborde la différence d’opinion avec les gens. » « Rien n’a changé dans notre manière de travailler », assure pour sa part Lara Zalhoum, productrice exécutive du journal télévisé de la LBCI. « Nous avons toujours été professionnels et objectifs. La liberté d’expression n’a pas de limites », souligne-t-elle. Du côté des téléspectateurs issus de la communauté chiite, Mohammad, la trentaine, explique que c’est sans doute l’allusion à Hussein, une des figures vénérées par l’islam chiite, qui a mis le feu aux poudres. « Certains n’acceptent pas que les personnalités religieuses soient incluses dans ce genre d’émission satirique », indique-t-il. « Personnellement, ce sketch ne m’a pas dérangé, mais je comprends que l’on puisse penser que l’image des chiites qui y est dépeinte est réductrice », poursuit Mohammad.

Des acteurs menacés de mort

Face au tollé causé par la vidéo sur les réseaux sociaux, les acteurs Hussein Kaouk et Mohammad Dayekh, eux-mêmes issus de la communauté chiite, qui apparaissent dans le sketch, ont reçu plusieurs menaces de mort. Le duo a déjà été la cible de menaces par le passé, alors qu’il animait une émission comique sur la chaîne al-Jadeed. « Nous devons pouvoir diffuser n’importe quel contenu dans les médias », réagit pour sa part Jad Chahrour, porte-parole du centre SKeyes pour la liberté des médias et de la culture, qui plaide pour le respect de la liberté d’expression dans les médias. « Les téléspectateurs ont le droit d’accepter ou de refuser le contenu des émissions diffusées. Mais ils n’ont pas le droit de lancer des menaces de mort si ce qu’ils voient ne leur plaît pas », ajoute-t-il. M. Chahrour lie par ailleurs cet incident à d’autres attaques qui ont pris pour cible de nombreux médias ces dernières années. « Ce n’est pas la première fois qu’une chaîne de télévision est attaquée. Il s’agit d’une manière pour les autorités ou les partis politiques de menacer tous ceux qui expriment des opinions qui ne leur plaisent pas », estime-t-il. En décembre dernier, la chaîne al-Jadeed avait été prise pour cible, à plusieurs reprises. Dans une même semaine, un cocktail Molotov avait été lancé en direction des locaux de la chaîne à Beyrouth ; ensuite, des inconnus avaient tiré en direction du bâtiment. Ces incidents sont intervenus après la diffusion par al-Jadeed d’un sketch dans lequel une comédienne faisait implicitement référence à des relations sexuelles entre des habitantes du Sud et les Casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul).

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