SKeyes Center for Media and Cultural Freedom - Samir Kassir Foundation

Des journalistes étrangers détenus durant des heures par le Hezbollah

Mardi 29 juin 2021

Une fois de plus, la liberté de la presse a été entravée au Liban. Hier (lundi 28 juin 2021), un journaliste britannique du site Now, Matthew Kynaston, a été arrêté en matinée dans la banlieue sud de Beyrouth par des hommes qui se sont identifiés comme des agents du Hezbollah, rapporte le site d’information en ligne, alors qu’il couvrait la crise de l’essence dans la zone de l’ancienne route de l’aéroport. Il était en compagnie d’une journaliste free-lance allemande, Stella Männer. Toujours selon le site, deux hommes ont exigé de voir le passeport et le téléphone du journaliste de 33 ans. Et ce alors même que Kynaston s’était clairement identifié comme journaliste et avait présenté sa carte de presse. Dans son dernier message à sa hiérarchie, envoyé peu après 14 heures, il a précisé que les agents qui le détenaient ne le laissaient pas partir. Avant d’être arrêté, il a eu le temps de raconter à un collègue avoir surpris leur intention de lui confisquer son téléphone. Now précise avoir essayé d’entrer en contact avec le Hezbollah, sans résultat. Matthew Kynaston avait apparemment choisi cette station d’essence pour son reportage parce que des incidents y éclataient régulièrement, toujours selon son média.

Alors que le contact avec le journaliste était coupé depuis 14h39 (selon Now), c’est de l’ambassadeur de Grande-Bretagne, Martin Langdon, qu’est venue une information le concernant. « J’ai été en contact personnellement avec les autorités libanaises depuis que j’ai été informé de l’incident cet après-midi. J’ai su que M. Kynaston est actuellement sous leur responsabilité et je leur suis reconnaissant de leur aide », a écrit M. Langdon sur Twitter.

Dans un autre tweet, le diplomate a estimé qu’il s’agissait « d’un incident grave et troublant ». « Les journalistes ne doivent pas être empêchés d’exercer leur fonction légitime. Une presse libre est cruciale pour la démocratie au Liban », a-t-il ajouté.


Pour sa part, la fondation SKeyes (Samir Kassir Eyes), qui milite pour la liberté de la presse, a également tweeté sur la question. « Au Liban, une partie non officielle et qui n’a aucun statut légal a détenu de manière forcée des journalistes durant des heures, avant de les remettre à un appareil sécuritaire, a écrit la fondation. Et cet appareil sécuritaire a enquêté sur les journalistes, pas sur ceux qui les ont arrêtés… » Un peu plus tard, la fondation a précisé que les deux journalistes avaient été relâchés par la Sûreté générale.

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