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SKeyes Center for Media and Cultural Freedom - Samir Kassir Foundation

Dans la banlieue sud de Beyrouth, le journalisme est « déconseillé »

Mercredi 30 juin 2021

L’« arrestation », lundi, de deux journalistes étrangers dans la banlieue sud de Beyrouth par des hommes qui se sont identifiés comme des agents du Hezbollah a secoué les milieux de la presse et les ambassades concernées. Si l’affaire n’est pas inédite – ce n’est pas la première fois que des journalistes sont interceptés et interrogés dans le fief du Hezbollah –, elle met en lumière la paranoïa de plus en plus aiguë du parti chiite qui se sent menacé par la moindre enquête menée dans ce qu’il considère être « ses quartiers généraux ».


Matthew Kynaston, 33 ans, journaliste britannique du site nowlebanon, a été « arrêté » lundi alors qu’il couvrait la crise des carburants dans la zone de l’ancienne route de l’aéroport, au niveau de la station al-Aytam. Il était en compagnie d’une journaliste free-lance allemande, Stella Männer. Selon nowlebanon, deux hommes ont exigé de voir le passeport et le téléphone du journaliste britannique. Dans son dernier message à sa hiérarchie, envoyé vers 15 heures, celui-ci a précisé que les agents qui le détenaient ne le laissaient pas partir. Les deux journalistes ont ensuite été conduits au restaurant al-Saha, où ils ont été retenus et interrogés pendant quelques heures avant d’être remis à la Sûreté générale, dont ils ne sortiront que vers 22 heures.

Dès que l’information a été ébruitée, les réseaux sociaux se sont emballés. Les internautes se sont déchaînés contre le Hezbollah accusé de s’en prendre à des journalistes étrangers et de fouler au pied la sacro-sainte liberté de presse. Un phénomène qui a vraisemblablement contribué à accélérer leur libération. Le Hezbollah et, à plus forte raison, la Sûreté générale – qui n’a jamais donné suite à nos appels – tentent d’éviter la mauvaise publicité que cette affaire a générée.


« Un crime »

Makram Rabah, un analyste politique qui contribue au site nowlebanon, n’y va pas par quatre chemins pour qualifier l’intervention du parti de « kidnapping ». Lors de l’arrestation des journalistes, il a eu l’occasion de parler au téléphone avec les membres du parti qui avaient intercepté ses collègues. « Ils ont refusé d’admettre que les deux journalistes étaient retenus contre leur volonté. “Ils sont avec nous dans un restaurant”, m’ont-ils dit avant de prétexter des raisons sécuritaires, justifiées, selon eux, par le passage du convoi d’Ismaïl Haniyé (le chef du bureau politique de Hamas) », confie M. Rabah à L’Orient-Le Jour.


Le leader palestinien se trouvait depuis dimanche au Liban en tournée officielle. Mais ce ne serait vraisemblablement pas la raison, ou du moins l’unique raison, justifiant ce regain de paranoïa de la part du parti de Dieu. Selon une source informée qui vit dans la banlieue sud, le parti ne voulait surtout pas que des journalistes viennent fouiner dans l’envers du décor de la crise du carburant qui frappe leur quartier aussi lourdement que dans le reste du pays. Il y a une dizaine de jours, des affrontements entre des miliciens d’Amal et des membres du Hezbollah ont eu lieu dans une station d’essence située à proximité, sur l’ancienne route de l’aéroport. Un incident grave qui a nécessité l’intervention de l’armée. Les tiraillements entre les deux formations chiites sont un sujet très délicat que le tandem cherche souvent à garder loin des projecteurs.


Pour le directeur exécutif de SKeyes, Ayman Mhanna, « le fait qu’une partie non officielle puisse priver des citoyens de leur liberté de mouvement est illégal. C’est en soi un crime qui doit être puni ». Le comble, commente encore le responsable de l’association, est qu’au lieu de livrer ceux qui ont arrêté les journalistes, ce sont ces derniers qui sont livrés aux autorités libanaises et interrogés.

Politique de l’autruche

Cet incident n’est pas le premier du genre. À maintes reprises, des journalistes, étrangers ou même libanais, ont été « interceptés » dans les localités où le Hezbollah est prédominant. C’était notamment le cas en août 2013, lorsque Josh Wood, un journaliste américain qui était basé à Beyrouth, s’est fait arrêter par le Hezbollah puis livrer aux autorités libanaises. En 2014, Yassir Mani Benchelah, un photographe algérien de renom, a été également retenu dans un scénario similaire.

Ayman Mhanna raconte un épisode qu’il a lui-même vécu avril 2014, alors qu’il se trouvait à bord d’un taxi avec une équipe de télévision française, au niveau du rond-point de Haret Hreik. Le véhicule a été encerclé par des motocyclistes et les passagers à bord ont été interpellés pendant deux heures après que leurs papiers ont été confisqués. « Le plus révoltant est que l’interrogatoire s’est déroulé deux heures durant, devant un agent des Forces de sécurité intérieure », se désole M. Mhanna.

Dans les milieux du Hezbollah, on préfère pratiquer la politique de l’autruche. Interrogé, le bureau de presse du parti banalise l’affaire : « Nous ne sommes pas au courant de ce qui s’est passé lundi dernier. Les deux journalistes n’ont pas demandé une autorisation auprès de notre bureau pour aller sur place. Ils ont dû refuser de coopérer avec nous », indique à L’OLJ la responsable presse du parti, Rana Sahili. Verrouillée par le parti depuis des années, la banlieue sud est difficilement accessible aux journalistes désireux d’exercer librement leur profession. Ces derniers, quelle que soit leur nationalité, doivent soumettre au bureau de presse une demande écrite, une photocopie de leur carte d’identité ou passeport, et une autre de leur carte de presse. Ils doivent également mettre par écrit le sujet qu’ils comptent couvrir et les localités qu’ils souhaitent visiter. Le requérant est passé au crible par les responsables de presse, et ses articles scrutés à la loupe. L’heureux élu aura le droit à une autorisation et, le plus souvent, à un garde du corps qui l’accompagnera. Pour tenter de justifier sa paranoïa à ce niveau, le parti de Dieu entretient l’idée que sous le couvert d’un média, le journaliste puisse servir « d’agent secret ». Une crainte qui s’est accentuée depuis que le mécontentement populaire a atteint les bases du parti. Quant à l’État libanais, force est de constater qu’il est le parfait complice de cet état de fait.

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