La 21ᵉ édition du Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse vient d’être officiellement lancée, confirmant une fois de plus la place centrale qu’occupe Beyrouth dans la défense de la liberté d’expression dans la région. Porté par l’Union européenne en partenariat avec la Fondation Samir Kassir, ce rendez-vous annuel rend hommage à l’héritage intellectuel et moral du journaliste libanais Samir Kassir, figure emblématique assassinée en 2005.
Depuis sa création en 2006, le prix s’est imposé comme l’une des distinctions journalistiques les plus respectées du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord et du Golfe. Plus de 3 900 journalistes y ont participé, preuve de son rayonnement croissant et de son rôle de plateforme régionale pour les voix indépendantes. Cinquante-sept lauréats ont déjà été distingués pour la qualité de leurs enquêtes, analyses ou reportages.
La liberté de la presse, un engagement constant
L’ambassadrice de l’Union européenne au Liban, Sandra De Waele, a rappelé lors de l’annonce que la liberté de la presse reste une valeur fondamentale et non négociable, particulièrement dans les contextes marqués par les tensions politiques et sécuritaires.
Dans le même esprit, le président de la fondation, Malek Mroueh, a souligné que le journalisme exige partout courage et persévérance, mais davantage encore dans les régions où les reporters font face à des pressions, des menaces ou des restrictions.
Trois catégories pour valoriser l’excellence
L’édition 2026 distinguera des travaux journalistiques dans trois domaines :
- article d’opinion
- article d’investigation
- reportage audiovisuel d’information
Les candidatures, ouvertes jusqu’au 1ᵉʳ avril 2026, doivent traiter de sujets liés notamment aux droits humains, à la gouvernance, à la lutte contre la corruption ou à la participation citoyenne. Chaque lauréat recevra une dotation de 10 000 €.
Beyrouth, capitale symbolique de la cérémonie
La remise des prix se tiendra le 3 juin 2026 à Beyrouth, date hautement symbolique puisqu’elle suit la commémoration annuelle de l’assassinat de Samir Kassir. Ce choix souligne la volonté des organisateurs d’inscrire la distinction dans la mémoire collective libanaise et dans la continuité du combat pour une presse libre. Au-delà de la récompense financière, le prix se veut un signal fort : malgré les risques, le travail journalistique indépendant demeure essentiel pour la démocratie et la transparence. En mettant à l’honneur celles et ceux qui enquêtent, questionnent et témoignent, l’initiative rappelle que l’information libre reste l’un des piliers fondamentaux des sociétés ouvertes.


